Heureux comme un Danois


Lecture / jeudi, octobre 10th, 2019

Le Danemark, ce pays merveilleux où il fait froid 9 mois sur 12, où la nuit tombe à partir de 15h l’hiver et où la pression fiscale est l’une des plus élevée au monde. Le Danemark, ce pays merveilleux dans lequel la population est selon plusieurs étude la plus « heureuse du monde », les « champions du bonheur ».
Mais comment font-ils ? Malene Rydahl, danoise exilée en France depuis plus de 19 ans, nous explique en 10 points quels sont leurs secrets.

Heureux comme un danois, Malene Rydhal, éditions j’ai lu, 2015

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78% des danois font confiance à leur entourage.
84% des danois font confiance à leurs institutions.
Pas besoin d’étaler les chiffres à outrance, vous devinez que la moyenne des autres pays européens est bien plus basse.

Le peuple danois a non seulement confiance en ses concitoyens, mais aussi en sa classe politique. Dès lors, « il est plus facile de respecter les règles quand on pense que les autres le font aussi« .
Cette confiance induit une tranquillité d’esprit dans la vie quotidienne : personne ne craint de se faire voler ses affaires au vestiaire non surveillé, de laisser les poussettes en dehors du restaurant où l’on dîne… La surveillance se fait collectivement.

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L’école danoise consacre beaucoup d’énergie à développer l’estime des enfants et encourage les élèves à former leur personnalité pour bâtir leur avenir dans les meilleures conditions. Les enfants sont poussés à faire des expériences par eux-même et à se forger leur propre opinion.

Surtout, le système scolaire ne cultive pas l’élite, l’important n’est pas d’être le meilleur. Les élèves les plus doués sont invités à soutenir et aider ceux qui ont plus de difficultés.

Pour les danois, lorsqu’on est guidé par l’idée de la réussite matérielle, le risque de se tromper de voie est importante puisqu’on renie ses envies profondes au détriment du profit.
60% des jeunes danois pensent qu’ils peuvent choisir quelle sera leur vie, contrairement à 26% des jeunes en France et 23% en Allemagne.

La limite de cette philosophie concerne les élèves les plus doués dont le potentiel se trouve vite bridé.

L’enseignement supérieur est gratuit et tous les étudiants touchent la même bourse d’étude, sans conditions de ressources.

« Ma mère m’a toujours poussé à aller chercher mon propre bonheur. Elle m’a soutenue dans toutes mes décisions, malgré les appréhensions qu’elle a du avoir par moment« .

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Près de 70% des jeunes entre 13 et 17 ans ont un petit travail, toutes catégories socio-professionnelles confondues. Avoir un travail pendant l’été ou à côté de ses études n’est pas vu comme dégradant ou destiné seulement aux personnes à faibles revenus.

Ce n’est pas une question de moyens mais la volonté d’acquérir une certaine forme d’indépendance.

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L’ensemble des enfants danois ont accès à une éducation gratuite et aux bourses d’études, ce qui permet à une grande majorité des étudiants de pouvoir étudier sans conditions de ressources.

L’égalité parfaite n’est pas possible, puisque l’environnement familial, les difficultés psychologiques ou le manque d’information et de soutien de la famille privent quelques enfants de la chance d’une vie heureuse et sereine.

Pour l’auteur, l’American dream pourrait être danois. Ici, ce rêve n’est pas synonyme de faire fortune, mais plutôt de mobilité sociale importante. Pas nécessairement dans le but de grimper l’échelle sociale, mais plutôt dans le but « d’avoir la possibilité de vivre librement, différemment de ceux qui nous ont précédés. D’agir de la façon qui nous ressemble« .

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Comme nous l’avons vu, les danois sont éduqués de façon à ce qu’ils ne s’attendent pas à être les meilleurs, ni a gagner ou a briller devant les autres.
D’après l’auteur, cette vision de la vie fait qu’ils aiment généralement les choses simples de la vie et qu’ils sont plus satisfaits de ce qui est.

« En effet, souvent, lorsque l’on a pas d’attentes ou peu face à une situation donnée, il est plus probable que l’on sera agréablement surpris« .

Attention, être réaliste ne signifie pas ne pas avoir de rêves ou d’idéaux. Sans eux nous ne pouvons pas réaliser notre potentiel de bonheur.
Le réalisme danois veut avant tout dire savourer l’ascension, reconnaitre et accepter les obstacles sur le chemin.

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Les danois adhèrent massivement à leur système fiscal. 7 danois sur 10 trouvent satisfaisant l’équilibre entre les impôts qu’ils paient et les services fournis par l’Etat, alors que la pression fiscal atteint un taux de 48,1% (La France est 2ème en 2011 avec un taux de 45%).

Comme nous l’avons vu précédemment, non seulement le peuple danois à confiance dans le bon usage de leurs impôts par le gouvernement (services publics, éducation, santé, transport…), mais en plus tous peuvent bénéficier de la même façon. On note un fort taux de participation aux différentes élections.

En France 72% des citoyens pensent payer trop d’impôts. 88% pensent que les recettes fiscales sont mal utilisées par les pouvoirs publics…

Cette envie de partager n’est possible qu’à la condition que tout le monde participe et respecte le système sans chercher à en profiter ou a tricher : les personnes touchant les aides sociales (chômage) doivent montrer leur bonne volonté et leur investissement dans la communauté ou ils sont sévèrement sanctionné (par l’Etat et la société).
Chacun doit participer au bon équilibre du pacte social.

Si les danois font preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit vis à vis des minorités (en 1989, C’est le 1er pays à accorder aux homosexuels une « union officielle enregistrée »en 1989), l’intégration des immigrés reste un sujet plus complexe.

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Selon une enquête de l’OCDE, le Danemark est le pays qui a réussi à instaurer le meilleur équilibre travail / vie privée.
Les hommes et femmes du gouvernement sont d’ailleurs les premiers à montrer l’exemple en consacrant du temps à leur famille dès que leurs obligations le permettent.

17% de la population active fait une partie de son travail à la maison.
Le système social et professionnel sont faits pour favoriser cet équilibre : si l’un de vos enfants tombe malade et que vous devez rester à la maison le garder, votre 1er jour d’absence ne sera pas compté.
Généralement, il est également possible de facilement adapter ses horaires à son rythme de vie familial.

Le vélo est le moyen de transport privilégié : plus rapide, il permet de perdre moins de temps dans les trajets domicile / travail.
C’est le moyen principale de transport de 46% des danois – 50% à Copenhague, la capitale – et ce quelque soit le temps ou la classe sociale (68% des députés se rendent au Parlement à vélo).

L’important est de passer davantage de temps ensemble. Les danois aiment consacrer du temps à leur entourage mais aussi aux projets de société (ils sont les champions du bénévolat en Europe !)

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La mentalité danoise met l’accent sur d’autres priorités que celle de s’enrichir.
Ils accordent généralement plus d’importance à trouver leur voie dans la vie, à se réaliser en tant qu’être humain.

Selon une étude citée dans l’ouvrage, l’argent à une influence sur le bonheur mais essentiellement parmi les revenus bas. A partir d’un certain seuil où les fondamentaux sont assurés, l’argent n’a plus ou très peu d’effet sur le bien-être.

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La loi de Jante est une sorte de code de conduite danois.
Elle a été imaginé par un écrivain danois dans un roman écrit en 1933 et se compose de 10 points :

Tu ne dois pas croire que tu es quelqu’un de spécial ! 
Tu ne dois pas croire que tu vaux autant que nous !
Tu ne dois pas croire que tu es plus malin/sage que nous !
Tu ne dois pas t’imaginer que tu es meilleur que nous !
Tu ne dois pas croire que tu sais mieux que nous !
Tu ne dois pas croire que tu es plus que nous !
Tu ne dois pas croire que tu es capable de quoi que ce soit !
Tu ne dois pas rire de nous 
Tu ne dois pas croire que quelqu’un s’intéresse/s’inquiète à ton sujet !
Tu ne dois pas croire que tu peux nous apprendre quelque chose ! 

Si ce code de conduite pousse à la modestie, à l’humilité et au respect, ce conditionnement peut empêcher les individus d’avoir de l’ambition et de réussir (ne pas faire profil bas est mal vu).

L’important est d’avoir du plaisir et de passer de bons moments, pas de se mettre en avant et d’être populaire.

Le niveau de consommation d’anti dépresseurs est très élevé au Danemark : les gens ne se sentent pas gênés d’avouer qu’ils ne vont pas bien et qu’ils ont besoin d’aide. Ce n’est pas un sujet tabou et le manque de lumière une grande partie de l’année y contribue.

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La réussite au Danemark n’est pas le succès financier mais l’équilibre entre vie privée et professionnelle, pour les hommes comme pour les femmes.

Les congés paternité et maternité sont plus longs et peuvent être en partie (32 semaines) partagés.
Les moyennes consacrées aux tâches ménagères sont bien réparties. Tout le monde est libre de lui choisir le rôle qui lui convient sans préjugés ni tabou.

Parler de sexe n’est pas tabou tout comme il n’est pas mal vu d’avoir une vie sexuelle libérée, que l’on soit une fille ou un garçon.

La répartition des rôles et des responsabilités dans la famille n’est pas soumise à un schéma particulier et il n’est pas rare de rencontrer des familles recomposées, des couples ne vivant pas ensemble…

L’égalité des sexes signifie également pas de galanterie ! Cette pratique est quasiment inexistante et il n’est pas rare de voir des rencards se partages les frais du restaurant, du taxi… ou de l’essence !

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-> J’ai beaucoup aimé l’introduction – qui redéfinie la notion de bonheur – et la conclusion que j’ai trouvé toute aussi pertinente

-> Les exemples très parlant donnés par Malene sont parfois cocasses mais percutants et montrent que que l’on parle d’une culture complètement différente de la notre

-> En refermant le livre on aurait tendance à penser que l’herbe est plus verte ailleurs…
A nous de faire en sorte de réunir tous les éléments nécessaires à notre bonheur et de nous créer notre propre hygge.
Être content de ce que l’on a et profiter des choses simples, ça commence vraiment par la le bonheur !

Heureux comme un danois, Malene Rydhal, éditions j’ai lu, 2015

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