Idée reçue – La dématérialisation numérique


Idées reçues / samedi, juin 29th, 2019

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A l’heure du tout dématérialisé…

On a peut-être tendance à oublier que les données stockées numériquement polluent ! Conservées dans des datas-centers, ces immenses entrepôts remplis de serveurs et climatisés consomment énormément d’énergie et commencent à s’étaler dans les périphéries des villes, participant un peu plus à l’étalement urbain (pour plus d’informations sur le sujet lire Je crise climatique, Jade Lindgaard).

Papier vs numérique ?

La comparaison est très difficile, puisqu’il faut prendre en compte l’ensemble du cycle de vie des deux supports et leur utilisation pour avoir une vue d’ensemble de leur empreinte en équivalent carbone.

Pour le papier :

  • La fabrication et le transport de papier neuf nécessitent de nombreuses ressources : arbres, énergies… Cette étape est donc très polluante
  • Le papier reste le support de stockage de données le plus sûr dans le temps (contrairement au numérique qui peut s’effacer, qui est plus sujet à des accidents ou a des piratages)
  • Il est possible de revenir ou modifier un document papier sans que cela n’impact son empreinte carbone
  • Le recyclage du papier est aujourd’hui bien développée et très efficace.

Pour le numérique :

  • Le support numérique est accessible depuis n’importe où (ou presque)
  • Le fait de relire, modifier, télécharger, ou stocker demande de l’énergie et alourdi à chaque fois le bilan carbone du document. Lorsque vous stocker un document à 2 endroits numériques, cela consomme 2 fois plus d’énergie
  • Le numérique nécessite un support pour être visionné : ordinateur, téléphone, tablette… Dont l’impact environnemental est bien plus important aussi bien à la création qu’à la phase du recyclage que celui du papier.

Quel support utiliser ?

Tout dépend là encore de l’utilisation que l’on fait du document !
Selon les différentes études réalisées par Ecoinfo et le CNRS sur le sujet, différents facteurs rentrent en compte : le recyclage du papier ou de l’appareil électronique, le nombre de lecteurs, la durée de stockage etc.

Pour une facture que l’on consulte moins de 30 minutes, il est avantageux de passer au format numérique.
Pour un livre neuf, selon les études des cabinets Carbone 4 et Cleantech, son poids en équivalent carbone est estimé entre 1 et 7,5kg équivalent carbone, contre 150 et 250kg pour une tablette.
Pour rentabiliser écologiquement son support numérique, il serait nécessaire de lire plus de 20 livres par an.

Selon Jade Lindegaard, « Vous ne devez pas consacrer plus de deux à trois minutes à chaque page si vous devez en parcourir 200 ». Selon des calculs très sérieux, le point d’équilibre se trouve à 2’12 par page, si vous dépassez ce délai, il vaut mieux passer au format papier.

Conclusion

Moins de temps vous passez sur un document, plus il est avantageux de le consulter au format numérique.
Les études concernant les livres ne faisaient pas mention de produits de seconde-main, mais nous avons fort à parier que l’impact écologique d’un livre de seconde, troisième ou de quatrième main (acheté d’occasion ou emprunté à la bibliothèque de la ville) est bien en deçà des chiffres annoncés !
Pour les autres documents, n’oublions jamais que la sobriété est est la clef d’une vie plus responsable, et ce quelque soit le domaine.
Gardons les documents dont nous nous servons et faisons régulièrement le tri dans nos espaces de stockage numériques !

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