La Maison Zen – Keisuke Matsumoto


Lecture / mardi, décembre 31st, 2019

C’est au rayon développement personnel que je suis tombée par hasard sur ce livre. Poussée par la curiosité et mon bon Kadéo de 60€, je me suis laissé tentée par cet ouvrage qui me semblait entrer dans la lignée des Dominique Loreau et autres Marie Kondo.

Si le récit décrit les rituels quotidiens des moines japonais, des ustensiles jusqu’à la façon dont ils entretiennent chaque pièce du monastère, il y a de nombreux conseils à prendre et à appliquer dans notre quotidien.

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Au Japon, et pour les moines bouddhistes en particulier, faire le ménage ne signifie pas simplement enlever la saleté. Le ménage permet « d’ordonner sa vie intérieure« . Chaque journée commence par les corvées dans les monastères.

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Il est nécessaire pour les moines d’être reconnaissant envers les objets qu’ils utilisent. « Qui ne prend pas soin des choses agit de même avec les personnes », c’est le cas si on s’en débarrasse, si on les oublie ou si on ne les met pas en valeur. Le recyclage des objets découle du principe bouddhiste de valorisation de toute chose, car donner une deuxième vie aux objets cassés ou qui ne nous servent plus est un signe de respect.

Le ménage se fait le matin car il permet de « faire le vide dans son esprit et aide à passer une journée agréable« . Le rangement, lui, se fait au fur et à mesure ou le soir. Il est important de ne pas remettre au lendemain : « Commencer la journée dans le désordre de la veille est le meilleur moyen d’attraper un coup de déprime au réveil ». de plus, s’endormir en pensant à ce qu’on a négligé de faire se fixe dans l’inconscient et trouble l’esprit.

Avant de nettoyer, il est essentiel d’aérer les pièces pour respirer un air frais. Dans le cas contraire cela est contre productif : si l’air stagne, l’esprit aussi.

Le ménage ne doit pas être fait par une seule personne : alterner les tâches participe à la conscience collective et à l’éducation des enfants.

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Kasuke Matsumoto détaille l’ensemble des accessoires de ménage utilisés par les moines pour l’entretien du bâtiment et du jardin.

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La cuisine

La cuisine bouddhiste est végétarienne et banni les légumes qui dégagent une odeur trop forte : poireaux, ail… Elle est élaborée à partir d’aliments frais et de saison, l’assaisonnement est minimaliste avec peu d’huile.
La cuisine exploite au maximum les aliments pour éviter les déchets : on cuisine les fanes et les épluchures, le reste est « rendu à la terre ».
C’est un régime alimentaire sain pour le corps et il facilite le rangement et le ménage.

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La salle de bain

Cette pièce accueille l’eau et est donc pour les moines une pièce où le silence doit régner. Ne pas gaspiller l’eau est une de leur préoccupation majeure, tout comme ne pas laisser la moisissure et l’humidité s’installer.

Keisuke Matsumoto aborde plusieurs sujets comme la lessive, le reprisage des vêtements, ou le changement de garde-robe. En effet celle-ci est changée deux fois par an, une fois au printemps et une fois avant l’hiver. Ce rituel permet de préparer l’esprit au changement de saison.

La vaisselle et les couverts sont d’une grande simplicité et en nombre limité, faits par des artisans dans des matières nobles.

Traiter les objets avec égard signifie passer du temps à les réparer, les raccommoder ou les repriser. Tous les jours comprenant un 4 et un 9, certains moines le dédie à s’occuper de leurs vêtements.
Se fixer un jour précis pour une tâche permet de ne pas l’oublier et d’entretenir correctement les objets.

Lorsque l’objet est trop abîmé ou impossible à réparer, les moines lui trouvent une nouvelle fonction pour ne pas le jeter.

« Passer sa vie à consommer sans cesse de nouveaux objets, c’est devenir esclave de ses désirs et aliéner sa liberté. Au contraire, seuls ceux et celles qui se contentent de peu de possessions jouissent d’une vie intérieure riche et débordante, et connaissent la véritable liberté de l’esprit ».

L’aération est une étape à ne pas négliger : laisser l’air circuler permet de dégager l’esprit. L’auteur précise même que dans une pièce bien aérée, on est moins enclin à l’irritation ou à l’agacement.
Pour diffuser une odeur agréable, les restes de marc de café et de thé des invités sont récupérés, séchés à l’air libre, puis déposés dans les meubles à chaussures ou dans les toilettes.

Contre la moisissure : la moisissure est composée d’êtres vivants qui s’installent dans un environnement propice à leur développement : lieux peu ensoleillés, mal aérés, très humides.
Afin d’éviter son entrée dans votre logement, ne gardez rien d’inutile chez vous et aérez quotidiennement votre intérieur.

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Le sol et la plancher sont nettoyés tous les jours dans les monastères. Pas simplement pour enlever la saleté, mais parce que cet exercice a de nombreux bienfaits pour l’esprit, comme celui de se concentrer sur l’instant présent.

L’auteur détaille ensuite comment nettoyer chaque pièce de la maison typique japonaise. Il souligne l’importance de ne pas bâcler le ménage et ne pas cacher le désordre car même si cela ne se voit pas, cela contamine l’ambiance de la pièce.

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L’extérieur est loin d’être négligé dans les monastères, qu’ils s’agisse de l’entrée, « maintenu dans une propreté impeccable« , du jardin ou de la terrasse. Rien n’est laissé au hasard, la plaque de porte et les poignées sont consciencieusement nettoyées, aucun désherbants ni pesticides ne sont utilisés. Les vitres sont nettoyées au vinaigre blanc, de l’eau savonneuse et du papier journal.

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Se laver la figure est la première chose à faire dès qu’on se lève, pour se laver mais également par politesse, avant de rencontrer quelqu’un. L’eau utilisé pour la toilette du visage est réutilisée.

La règle de base au monastère veut que les moines se couchent tôt et se lèvent tôt. La bonne fatigue de la journée (les corvées et les lectures à voix hautes) permet aux moines de rapidement trouver le sommeil.

Les moines s’appliquent à respirer à chaque moment : « Que notre souffle se dérègle quand nos sentiments sont perturbés prouve bien que l’esprit et la respiration sont liés ».

Quand aux repas « ce sont eux qui construisent notre corps. Les négliger revient donc à négliger son corps, mais aussi l’esprit qui l’habite« .

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Pour la conclusion, l’auteur revient sur le rapport qu’entretiennent les moines avec les objets :  » a mener une vie d’ascète dénuée de distractions futiles, on ne garde avec soi que « les bons objets », de valeur et de qualité.
« La volonté de prendre soin des choses ne se développera pas en nous tant que l’on aura pas rencontré un objet que l’on considère comme précieux. Si on a autour de soi que des babioles qu’on peut casser sans regrets, on ne connaitra jamais ce sentiment ».

Il est donc important de n’acheter que ce dont on a besoin et d’investir dans des objets de qualité, plus coûteux mais qui dureront plus longtemps.

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J’avais vu juste en pensant que ce livre était à classer dans la lignée des ouvrages de rangements Marie Kondo ou Dominique Loreau : l’esprit japonais qui nous incite à prendre soin des objets et à leur montrer notre gratitude est omniprésent.
Souligner le rapport entre l’ordre de notre intérieur et l’ordre de notre esprit n’est pas inutile, il permettrait à beaucoup de personnes de se remettre en question, dont moi-même !

Voici les conseils que je vais essayer d’appliquer dans ma vie personnelle :

aérer les pièces quand je fais le ménage (ce n’était pas automatique 🙂 )

considérer le ménage comme un exercice salutaire et non plus comme une corvée

essayer de prendre plus de temps pour cuisiner mes repas

Et vous vous avez lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

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