La Terre est ma demeure


Lecture / vendredi, septembre 6th, 2019

Thich Nhat Hanh est un moine bouddhiste vietnamien militant pour la paix.
Il figure aujourd’hui parmi les personnalités les plus engagées du bouddhisme dans le monde Occidental, connu notamment pour ses nombreux ouvrages ou les diverses conférences qu’il donne a travers le monde.

THICH NHAT HANH, LA Terre est ma demeure, Belfond, 2017, 256 pages

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La Terre est ma demeure compile de nombreux souvenirs et anecdotes de son existence – depuis sa petite enfance, en passant par son exil forcé, jusqu’à l’édification de la communauté du Village des Pruniers dans le Sud de la France.
Un récit empreint de philosophie et de bon sens sur la nature des choses et de la nature humaine.

J’ai choisi de vous résumer ce livre avec les citations qui ont à mes yeux le plus de sens et qui sont susceptibles de parler à tout un chacun

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« Aujourd’hui, nous avons plus d’argent et de confort matériel, mais nous ne sommes pas vraiment plus heureux, parce que nous n’avons simplement pas le temps d’apprécier la compagnie de ceux qui nous entourent« 

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A l’Institut bouddhiste de Hûe, Nhat Hanh publie avec quelques camarades un magazine aux idées nouvelles. Si ce vent révolutionnaire séduit quelques professeurs, beaucoup restent ancrés dans leurs idées plus classiques : « Les professeurs parlaient de l’importance d’aider la société, mais ne prenaient aucune mesure concrète pour venir en aide aux pauvres ou aux opprimés« . Il développe une profonde croyance en la combinaison de l’action et de la méditation pour appliquer ce qui sera désormais l’action en pleine conscience.

Dès lors, Nhat Hanh quitte l’institut avec une poignée de camarades pour vivre une forme de bouddhisme qui pourrait aider à changer la société et répondre aux défis de leur époque. « Cette expérience nous montra que la pratique engagée était non seulement possible, mais nécessaire, si nous voulions instaurer des changements réels dans la paix« .

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C’est pleine d’admiration que j’ai parcouru les page de ce chapitre. Elles relatent l’expérience de l’auteur pendant les guerres d’Indochine (1946-1954) et du Vietnam (1963-1975). Ses impressions, ses peurs, mais aussi son empathie envers les soldats des deux camps sont très touchantes.

Le sous-chapitre Dialogue avec un jeune soldat français est une anecdote aussi émouvante que riche d’enseignement qui m’a particulièrement marquée.

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Le bouddhisme engagé va aider les moines et les populations qu’ils accompagnent pendant les périodes les plus difficiles. Agir aide à ne pas sombrer dans le désespoir, même si parfois le découragement se fait sentir : la communauté reconstruira un même village 4 fois de suite.

Thich Nhat Hanh soutiendra également les boat people Vietnamien rejetés par la Thaïlande, la Malaisie et Singapour. Grâce à son calme et à sa détermination, il est parvenu à gérer des situations critiques et à sauver la vie de plus de 800 boat poeple.

« La non violence n’est pas un ensemble de technique que vous apprenez avec votre intellect.
L’
action non violente émane naturellement de votre compassion, de votre lucidité et de votre compréhension« .

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« Chacun de nous constamment en train de changer. Ne restons pas emprisonnés dans l’idée de ce que nous étions il y a de nombreuses années« .

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Thich Nhat Hanh est exilé en France depuis 1966.

« Je ne sais pas si les gens entretiennent aujourd’hui un lien profond avec ce qu’ils achètent. Beaucoup de gens éprouvent un vif désir de posséder ce qui vient de sortir, et les industriels ainsi que les publicitaires ne l’ignorent pas.
Ce n’est pas un hasard si de nos jours les objets ne sont pas faits pour durer (…) Au fur et à mesure que nous développons notre pleine conscience, nous reprenons possessions de notre vie. Nous commençons à nous rendre compte de tout ce temps que nous perdons à consommer sans raison. (…) Nous voyons qu’une consommation vide de sens ne nous apporte pas un bonheur durable, mais plutôt de la souffrance« .

Situé dans le Sud Ouest de la France, le Village des Pruniers est acheté en 1982. Cette ferme est exploitée par la communauté dans laquelle vit Thich Nhat Hanh, qui soutient alors les réfugiés Vietnamiens par le biais des bénéfices de leur travail.
Le livre compte plusieurs anecdotes sur ce lieu, de l’achat jusqu’à la vie du village. Vous pouvez aujourd’hui séjourner au Village dans le cadre de retraites méditatives.

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Thich Nhat Hanh insiste beaucoup, tout au long du récit, sur l’importance de vivre dans le moment présent et de vivre les gestes et actions du quotidien en pleine conscience.

« Nous courons çà et là mais notre esprit est ailleurs, dans le passé ou dans l’avenir, possédés par la colère, la frustration, les espoirs ou les rêves. Nous ne sommes pas vraiment vivants, nous ne sommes pas pleinement présents ; nous sommes comme des fantômes« 

« La plupart des nouvelles que nous consommons dans les médias renferment beaucoup de violence, de peur, de haine, de discrimination et sont toxiques – elles empoisonnent notre coeur et notre esprit.
En tant que consommateur nous devons utiliser notre pleine conscience pour être attentifs à nos pensées, sensations et perceptions quand nous regardons des informations, pour pouvoir nous protéger.
Notre façon de consommer est très importante.
Nous pouvons tous nous engager à ne pas arroser les graines de violence, de haine, de discrimination et de désespoir en nous-même et dans nos relations« 

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« Chacun de nous s’accroche à des vues qu’il prend pour la vérité et nous sommes attachés à ces idées. Mais si nous restons emprisonnés dans nos vues, nous n’aurons aucune chance de progresser« 

Très belle phrase qui nous invite à la compréhension et à l’ouverture d’esprit pour clore ce résumé 🙏 

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Ce que je retiens de cette lecture :

– C’est tout à fait le type de lecture qui apaise mon esprit et qui me permet de retrouver une attitude zen et sereine pour affronter les petits tracas du quotidien

– J’ai beaucoup aimé la faculté de l’auteur a tirer des réflexions très profondes, qui nous parle à tous, à partir d’anecdotes qui sont parfois assez banales

– Relire cette philosophie du « vivre le moment présent » m’a fait échos. En effet avant de lire Le Pouvoir du moment présent de Eckart Tolle je n’avais pas conscience de ma manie a systématiquement tourner mes pensées vers le passé ou vers l’avenir. Je passais mon temps à regretter certaines choses et à en attendre d’autres, en me disant inconsciemment que ma vie serait meilleure quand ces choses arriveraient.
Aujourd’hui en concentrant mon esprit sur le moment présent, je suis moins impatiente, plus calme et je profite plus de ma vie, de mon entourage… (même si je rechute régulièrement 😉)

Pour plus d’informations sur le parcours de Thich Nhat Hanh, sa bibliographie ou sur les retraites au sein du Village des Pruniers où il réside actuellement, vous pouvez vous rendre sur son site Internet.

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