Idée reçue – les plantes dépolluantes


Idées reçues / mardi, février 12th, 2019

La qualité de l’air intérieur

Cette question est aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique : en ville, nous sommes amené à passer près de 90% de notre temps dans des espaces clos, dans lesquels prospèrent des polluants (produits d’entretiens, parfums etc.)
Le phénomène des plantes dépolluantes connait un succès croissant ces dernières années : argument de vente des distributeurs spécialisés (jardineries etc.), on en recense aujourd’hui une quarantaine.

L’ademe, les Conseils régionaux Nord-Pas-de-Calais et Pays de la Loire ont lancé un programme de recherche (programme PHYTAIR) afin de faire toute la lumière sur les capacités épuratrices de ces plantes, dans des conditions réalistes : en intérieur (bureaux, logements, lieux ouverts au public…)

Capture efficace des polluants… En laboratoire

Les arguments commerciaux se réfèrent la plupart du temps aux études menées dans les années 80 par le Docteur Wolverton, pour le compte de la NASA. Ces travaux ont été menés pour reproduire les conditions de vie à l’intérieur des capsules spatiales : liste de plantes exposées en conditions contrôlées, sur une courte période d’exposition et à des doses très élevées de polluants.

Le programme PHYTAIR montre, en conditions contrôlées en laboratoire une capacité d’épuration de l’air différente selon les plantes et les polluants.
De plus, l’efficacité d’épuration peut-être limitée par la baisse de la température, l’augmentation de l’humidité…

Les capacités d’épuration en conditions réelles

Les travaux effectués dans des conditions réelles d’exposition, en terme de ventilation des pièces et d’exposition des plantes, ne permet pas de conclure à efficacité des plantes sur l’élimination des polluants étudiés. L’efficacité du système de plante en jardinière serait donc quasi nulle en condition réaliste d’exposition (avec des types de chauffage différents, bâtons d’encens, mobilier etc.), c’est-à-dire avec 4 jardinières au maximum par pièce.

AVIS DE L’ADEME

L’ADEME considère que l’argument « plantes dépolluantes » n’est pas validé scientifiquement au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations et des nouvelles connaissances scientifiques dans le domaine.

En matière d’amélioration de la qualité de l’air intérieur, la priorité reste la prévention et la limitation des sources de pollution (entretien des chauffe-eaux et chaudière, réduction de l’utilisation de produits chimiques ménagers…) accompagnés d’une ventilation ou d’une aération des locaux (entretien du système de ventilation, ne pas bloquer les offices d’aération, ouvrir les fenêtres tous les jours quelques minutes…)

Pour plus d’informations sur l’étude PHYTAIR, téléchargez ici l’avis de l’ADEME

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