Le zéro déchet, un truc pour bobo-écolo ?


Consommation, Mode de vie / jeudi, octobre 17th, 2019

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Quand j’ai commencé ma démarche zéro déchet en 2015, j’étais étudiante et je travaillais au Monoprix. Avec les quelques aides (APL + soutien familial) je m’en sortais avec 900€ par mois et des semaines de 35 à 50 heures entre mon travail, mes heures de cours et de travail perso.
Ces deux arguments : manque de temps et manque d’argent n’ont pas été un obstacle dans la démarche. J’aurais progressé peut-être plus vite dans de « meilleures » conditions, mais ils n’ont jamais été un motif de renoncement et aujourd’hui je vous explique pourquoi.

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La première fois que j’ai entendu parler de cette démarche Zéro déchet, c’était lors d’un reportage télé diffusé pendant l’été 2014. On y voyait Béa Johnson présenter son mode de vie et les arguments qu’elle employait concernant la protection de la planète et les économies financières qui allaient avec ont eu vite fait de me convaincre.

A l’époque c’est le côté « auto-suffisant » du mode de vie qui m’a beaucoup parlé : finie la dépendance au grandes multinationales qui exploitent les ressources de la planète.
Fini de se ruiner pour des habits que je ne porte même pas.
Terminé la lessive bleue qui nous coûte une blinde à ma colloc’ et à moi, qui en plus d’être super chère pollue les éco-systèmes marins.

J’ai commencé par là : faire ma propre lessive avec des produits naturels un samedi matin, dans un souci plus économique qu’écologique.

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Plus j’y réfléchissais et plus ça me paraissait logique.
Je n’étais pas sur la paille mais je trouvais ça pénible de devoir consacrer de sacrées sommes à des postes comme la lessive, les produits d’hygiène (shampoing, après-shampoing, gel douche, démaquillant, gommage etc…) dans des produits qui enrichissent toujours les mêmes personnes et à la composition pas toujours bonne pour moi.

J’ai progressivement remplacé ces produits par des équivalents naturels : bicarbonate pour le dentifrice, huile de noix de coco pour le démaquillant, savon pour le gel douche etc.. Au final c’était pas plus cher. Au contraire, le pot d’huile de coco a une durée de vie bien plus longue qu’un flacon de démaquillant !

J’ai acheté une gourde, et à l’époque ça a été un petit investissement parce qu’elle coutait 16€. Je me rappelle avoir attendu ma paye pour l’acheter mais finalement c’était un bon choix car depuis elle ne m’a plus quittée !

Pour les achats en vrac j’ai cousu moi même des sacs à vrac dans une chemise trouvée aux encombrants et j’ai acheté des boites Duralex neuves quand j’ai vu qu’elles n’étaient pas très chères chez Leclerc. Elles étaient made in France ça collait bien avec la démarche.

J’ai mis un petit moment avant d’aller au marché, parce que c’était plus cher que dans les grandes surfaces. Finalement je me suis donné un budget pour les courses (ce que je n’avais jamais fais avant !) et avec ma liste de menus de la semaine je suis arrivée à ne pas exploser ce poste de dépense (j’achetais encore l’épicerie au supermarché dans des emballages recyclables).

Je dois bien avouer que je ne suis pas une grande fan de cuisine… a vrai dire je n’aime pas du tout cuisiner.
Il a bien fallu trouver une solution, parce que les produits frais du marché ne se cuisinent pas tout seuls.
Finalement aujourd’hui j’ai toute une liste de recettes faciles à faire, qui ne demandent pas trop de temps ni une liste d’ingrédients longue comme le bras qui me fait office de guide.

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Finalement j’ai considérablement réduis la quantité de déchets que je produisais – ça c’est pour le côté écolo.

A côté j’ai gagné bien plus.

J’ai en même temps entamé une démarche minimaliste et j’ai entrepris de vider mon appartement de 33m2 des affaires dont je ne voulais plus ou que je n’utilisais plus. Les dizaines et dizaines de livres qui dormaient sur ma bibliothèques ont pour la plupart été lus et ont pris le chemin de la sortie, grâce à de nombreux vide greniers organisés en famille, à Gibert Joseph, à mon association de Sociologie ou aux boites à livres de la ville.

Autant vous dire que le fait d’éviter au maximum d’acheter des objets dont je n’ai pas besoin + l’argent que je me suis fait en vendant le superflu, ça n’a plus trop été un problème pour moi de dépenser 45€ de courses par semaine au marché (de bonne qualité ) au lieu des 30€ habituels de denrées transformées en grande surface. Ça ne m’a plus paru insurmontable d’acheter une gourde en sachant que je n’allais plus acheter de bouteilles plastique.

Cette démarche, bien sur elle est bénéfique pour la planète, en terme de réduction des déchets et de réduction de l’empreinte carbone de chacun. Mais surtout elle est bénéfique pour SOI.

Vous consommez des aliments de meilleure qualité. Locaux, qui font vivre les agriculteurs de votre région, qui sont peut-être vos voisins ou des gens très sympathiques.

Vos produits d’hygiène et de beauté ne vous contaminent pas avec des produits chimiques et des perturbateurs endocriniens.
Un changement qui vous apporte de futurs bénéfices en terme de santé.

Vous n’achetez plus et n’acceptez plus de choses inutiles qui viennent encombrer votre intérieur.
Vous n’avez jamais remarqué que les grands lofts et grands appartements présentés dans les magasines ou dans les films ont un air aussi classe car ils sont épurés ?

Vous avez l’esprit plus léger.
Une liste de courses restreinte.
Moins d’objets = moins de problèmes.

Vous avez plus de temps.
J’ai vite remarqué que ranger et laver un appartement ou il y a moins de choses va tout de suite plus vite. Je ne fais plus de shopping, je fais plus de sport, je passe du temps avec mon entourage et je lis énormément sur pleins de sujets qui m’intéressent.

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Je suis consciente que ma démarche a été facilitée par plusieurs facteurs, malgré le manque de temps et d’argent :
Je vivais toute seule (avec Chat qui par chance ne va pas souvent chez le vétérinaire)
J’habitais en ville
Mes charges fixes étaient limitées (pas d’empreint à rembourser, pas de voiture, pas de Box internet, pas de télé, toute ma technologie se résumant à un téléphone de l’âge de pierre et à mon ordinateur que j’ai depuis 2014)

Comment j’en suis arrivée à raconter ce bref aperçu de mon changement de vie ?
A cause des nombreuses remarques que l’on m’adresse sous mes publications ou en message privé :

Commentaire laissé sous la publication d’un partenariat avec la marque OrganicBasics

Je vous ai parlé d’acheter bio ou des vêtements 100% coton bio dans cette histoire ?

La conclusion que j’ai envie de donner à mon récit, c’est que même si aujourd’hui je gagne mieux ma vie (j’ai terminé mes études), même si j’ai la possibilité de passer des partenariats ou d’acheter des vêtements éthiques neufs avec des marques qui, je le rappelle, ont des valeurs et un fonctionnement en accord avec ma démarche, même si aujourd’hui je ne couds plus mes cotons démaquillant moi-même mais les achète à des artisans dont c’est le métier (et ils sont bien mieux faits croyez-moi 😂), moi aussi j’ai eu ces difficultés budgétaires et d’organisation.

C’est pour cette raison qu’on ne peut pas tout changer du jour au lendemain, que notre cuisine ne ressemble pas encore à celle qu’on voudrait ou qu’on a l’impression de ne pas avancer assez vite et de ne pas être parfait.
D’ailleurs, je rappelle que je ne suis pas parfaite non plus, que je mange des sushis, que les croquettes de mon chat sont achetées dans un emballages non recyclable et que je bois une marque célèbre de soda le lendemain de soirées trop arrosées

Mais ce mode de vie, si on l’adopte parce qu’il est urgent d’agir au niveau environnemental, on l’adopte aussi pour augmenter sa qualité de vie. Pas pour ressembler aux personnes sur Instagram (et je sais que je peux faire partie de ces personnes).

Tous ces changements vous les faites pour vous, pour que votre vie ressemble à celle que vous voulez. Pour ça pas besoin de se replonger dans la consommation à outrance. Si vous voulez vous offrir un objet éthique neuf dont vous avez besoin, libre à vous, mais ne vous sentez pas obligé.

Il y a un tas d’autres gestes et d’habitudes à adopter avant d’arriver à ce stade !
D’ailleurs, dans le sondage réalisé sur les obstacles dans la démarche zéro-déchet, le prix des denrées en vrac n’est mentionné qu’une seule fois !

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Si à cette époque, avec le peu d’infrastructures qui existaient et avec le peu de moyens et de temps que j’avais, j’ai eu la possibilité d’adopter cette démarche, je pense qu’aujourd’hui elle est à la portée de beaucoup de personnes.

Et vous, vous allez sauter le pas d’une transition green dans votre vie ?

2 réponses à « Le zéro déchet, un truc pour bobo-écolo ? »

  1. Je suis totalement d’accord avec toi, tout le monde peut s’y mettre à differents niveaux. Et je trouve qu’il ne faut pas non plus se mettre trop la pression à tout vouloir faire d’un coup. Je suis loin d’être parfaite (de toute façon, avec ma voiture obligatoire vu que je veux vivre dans des endroits paumés, je ne le serai jamais), mais je fais ce que je peux.
    A tout hasard, accepterais-tu de partager ta liste de recettes faciles à faire, s’il te plaît ? J’aime bien cuisiner mais quand j’en ai le temps et l’envie, mais je suis toujours à la recherche de recettes simples et pas trop longues à réaliser pour étoffer ma propre liste ! 🙂

    1. On est loin d’être parfaits et celui qu’il l’est à ce niveau là habite dans une grotte sans se chauffer haha
      Faire ce que l’on peut c’est déjà beaucoup !
      Pour les recettes faciles à faire c’est une bonne idée je ferais un mini article bientôt sur le sujet 😀

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