Economie circulaire : les vide-greniers


Mode de vie / samedi, juin 1st, 2019

Les vide-greniers, réderies, braderies, brocantes et autres marchés aux puces font légion partout en France lors des week-ends à la météo clémente. La plupart du temps organisés par des associations ou autres organismes : écoles, mairies, clubs de sports… dans le but de financer leurs activités, ils connaissent un succès grandissant. Fréquentant assidûment ces évènements depuis plusieurs années, je vous propose aujourd’hui mon point de vue sur les avantages et inconvénients ce moyen de consommation.
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Vide grenier ou brocante ?

Un vide-grenier ou marché au puce rassemble des particuliers (et parfois professionnels, selon la tolérance de l’entité organisatrice) désireux de revendre leurs objets personnels dont ils n’ont plus l’utilité, à d’autres particuliers.
Les brocantes sont souvent, elles, réservés aux seuls professionnels.
Les deux termes ont tendance à se confondre dans le langage courant.

Se déroulant principalement le Dimanche, les vide greniers peuvent avoir lieu le samedi et les jours fériés.

Ces évènements sont dans tous les cas soumis à l’article L 310-2 du Code du commerce. Il est par conséquent interdit de vendre : de la nourriture, de l’alcool, des animaux, des objets neufs ou des armes en état de marche.

Les avantages

Comme vous vous en doutez, cette façon de consommer a de nombreux avantages :

Le prix
Les prix pratiqués sur les vide-greniers sont imbattables, encore plus concurrentiels que les soldes ou qu’Internet (la plupart du temps). En privilégiant cette méthode d’achat, vous pouvez réduire de nombreux postes de dépense : livres, vêtements, décoration, vaisselle, jouets…

L’impact écologique
L’impact carbone d’un objet acheté de seconde main peut être réduit de 82% : cet objet déjà fabriqué n’a pas nécessité de nouvelles ressources pour sa fabrication (matières premières, eau, électricité…) et n’a pas nécessité un long transport en mer avec des cargos émetteurs de gaz à effets de serre.

L’économie circulaire
En plus de l’impact écologique avant utilisation, on réduit l’impact de l’objet après utilisation : sa durée de vie est prolongée et on lui évite soit l’enfouissement, soit l’incinération, soit la revalorisation (qui demande de la matière première, de l’énergie et du transport).

Le lien social
Alors que nous passons plus de 80% de notre temps enfermés dans des espaces clos, cette balade est l’occasion de rencontres et d’échanges – surtout si l’évènement se déroule dans votre quartier. Ca nous fait sortir et c’est pas plus mal.

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Septembre 2015 :
– porte manteau à 0,5€ encore accroché dans la salle de bain ;
– 45 tours de Muse à 1,5€
– BD Batman à 0,5€
– 2 livres à 2€
– 1 porte savon à 0,5€ (futur cadeau de Noël)
– Une robe à 2€ que je porte toujours

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Les inconvénients

Si ce mode de consommation a de nombreux avantages, je prête pourtant un nouvel oeil sur cet acte d’achat depuis mon adhésion aux principes minimalistes et de décroissance :

La surconsommation
Si les prix attractifs représentent un avantage indéniable, ils sont aussi le prétexte à une consommation importante – de masse – comme on peut le retrouver dans de célèbres enseignes de fast-fashion ou de marchandises low-cost.
En achetant plus de vêtements ou de décoration que nécessaire – en prétextant un bas prix – mais aussi aussi le fait que « pour le prix », le fait de le porter seulement quelquefois ou de s’en débarrasser dans un temps très court, ne nous pénalisera pas financièrement au vu de l’investissement effectué, le bénéfice écologique effectué et cité précédemment pourrait être bien moindre.
En effet, si les 8 t-shirts achetés sont finalement revendus, intégrés dans un processus de revalorisation ou finissent à la poubelle (comme entendu chez une Youtubeuse) au bout d’un temps très court, le cycle de vie n’aura pas été excessivement allongé mais aura subit une étape supplémentaire avant sa finalité.

L’accumulation
Alors que le principe de départ sous-tend de la part des personnes exposant au vide grenier la volonté de désencombrer de leurs espaces de vie les objets dont ils n’ont pas l’utilité, la surconsommation de biens à bas prix entraine fatalement du côté des visiteurs une accumulation d’objets en tous genre dans leur intérieur.
Avec les différents courants de mode en vogue, on assiste à la composition de collections sur des thèmes aussi divers que Disney, Polly Pocket ou la vaisselle des années 60, etc. Rien de tel qu’un petit tour sur Instagram et Youtube le Dimanche pour s’en rendre compte et pour admirer les montagnes d’objets-trophés ramenés des étales.
Les lieux de vie sont sans cesse réaménagés pour accueillir les nouvelles pièces, les chambres des enfants se transforment en véritables musées et les caves et greniers s’emplissent de ceux qu’on a « trop vus » et qu’il faudra revendre… au prochain vide grenier.

Ces petites phrases
Reflet de notre société malade de consommation et de paraitre, vous entendrez ou avez certainement entendu ces petites phrases au détour d’un stand :
 » Il est tout neuf celui-là je ne l’ai jamais mis »
Le nombre de vêtements et d’objets achetés mais jamais utilisés revendus dans les vide greniers ne cessera jamais de m’étonner. Bien entendu un malheureux concours de circonstances peut vous amener à vous retrouver avec un vêtement encore étiqueté sur les bras, mais honnêtement, n’est-ce pas une nouvelle occasion de réfléchir à notre consommation d’objet ?

« C’est de la marque, je l’ai payé cher »
J’ai longtemps été tentée de n’acheter des vêtements de seconde main que parce qu’ils étaient « de marque », malgré leur état, leur qualité et leur praticité – autant dire que je n’allais jamais les mettre, mais en achetant cette marque, j’achetais un peu de cette valeur sociale que je leur prêtais.
Aujourd’hui terminé l’attrait de la marque, je mise sur des objets de qualité et que je serais certaine d’utiliser ou de porter. C’est devenu mon principal critère pour un achat, qu’il soit de seconde main ou non.

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Juin 2015 – Sur tous ces objets je n’ai gardé que la gomme, le bracelet et les cartouches… Le reste m’a finalement été inutile et je m’en suis débarrassé (don ou vente en vide-grenier !)

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Septembre 2015 – Je n’utilise encore que le pantalon de sport Nike, j’ai porté le sac à dos et la jupe pendant un moment… Mais je n’ai jamais mis l’écharpe ni les trois t-shirts en bas à gauche, achetés parce que « pas chers »

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Août 2018 – Hormis le top en haut à gauche que j’ai porté mais qui est maintenant trop abîmé, j’utilise chacun des objets que j’ai acheté (on notera la collection de pog’s Batman haha)

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Si vous fréquentez les vide-greniers j’espère que cet article vous permettra d’avoir un nouveau point de vue sur cette façon de consommer ; si ce n’est pas le cas n’hésitez pas à aller y faire un tour on peut trouver des objets utiles, de bonnes qualité et qu’on utilisera longtemps sans se ruiner 😉

4 réponses à « Economie circulaire : les vide-greniers »

  1. Très intéressant cet article , j’ai tres longtemps acheté de façon compulsive au marché aux puces , je me soigne mais demain grosse journée aux vides grenier du coin , dans l’optique de trouver des pépites que je vais porter longtemps 😊😊😊

    1. C’est toujours un plaisir de chiner et de trouver de jolis trésors, je pense que de prendre conscience de cette consommation irraisonnée c’est déjà un grand pas ! Merci pour ce partage 🙂

  2. Bonjour,
    Je me suis fait à peu de choses près les mêmes réflexions. Merci à vous de les partager, c’est très encourageant pour moi qui me sens parfois seule, dans une voie peu fréquentée, celle de s’interroger sur la consommation et l’usage que l’on a d’objets obtenus en seconde main.
    Je profite de vous informer que mon sac Eastpak acheté il y a quinze à vingt ans a été réparé à deux endroits (sangle et fermeture éclair) gratuitement il y a quelques années par Eastpak , je n’ai pas eu besoin d’en acheter de nouveau et comme il est sinon en parfait état de fonctionnement, c’est juste super.

    1. Bonjour,
      En effet pour l’instant il y a beaucoup de questionnements autour de l’achat neuf (en raison des conséquences écologiques et sociales que ce geste implique) mais moins de remise en question de la surconsommation de biens d’occasions !
      Ce commentaire et votre témoignage sont très encourageants alors merci à vous (y)
      Merci également pour l’information, un article sur les objets « garantis à vie » me trotte dans la tête depuis quelques années maintenant !
      Au plaisir de vous relire,

      Justine

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